Weekend anticolonial en hommage aux martyrs Algériens du 17 octobre 1961

Dimanche 18 octobre 2026 : tables rondes, repas, concerts à la Chapelle
Samedi 17 octobre 2026 : appel à rejoindre les mobilisations, cortège anti-impérialiste, antiraciste, contre les violences policières, à la mémoire des martyrs du 17 oct 1961

programme weekend anticolonial 18 octobre 2026

PROGRAMME DIMANCHE 18 OCTOBRE 2026

13h : ouverture des portes
13h30 :
– Le 17 octobre 1961 et le continuum raciste – Sud Education 31-65-82
– Lutte pour la libération du Sahara occidental – Association de solidarité sahraouie Tarn-et-Garonne

15h-16h30
– Présentation de : « J’ai trouvé mes réponses, mémoire d’un intellectuel combattant Palestinien » par l’équipe éditoriale du livre – participation de TSEDEK et du CSP31

17h-18h30
– Luttes anti-impérialistes dans les dernières colonies françaises – Brenda Wanabo-Ipeze (FLNKS – sous réserve), Survie et Révolution Permanente

19h30 – Repas
20h30 – Soirée festive

SAMEDI 17 OCTOBRE 2026 : APPEL A REJOINDRE LES MOBILISATIONS
Au sein d’un cortège anticolonialiste, anti-impérialiste et antiraciste, contre les violences policières, et à la mémoire des martyrs du 17 octobre 1961.

Hier comme aujourd’hui : à bas le colonialisme et le racisme d’État !

Honorons la mémoire des martyrs du 17 octobre 1961

Le 17 octobre 1961, à l’appel de la Fédération de France du FLN, des dizaines de milliers d’Algérien·nes entreprennent une marche pacifique dans Paris. L’objectif est de boycotter le couvre-feu illégal et raciste imposé aux seul·es « français·es musulman·es d’Algérie » et de sensibiliser l’opinion publique française à l’indépendance de l’Algérie. Cette manifestation, sauvagement réprimée par la police du sinistre préfet de Paris, Maurice Papon, sous les ordres du gouvernement de Michel Debré, se termine dans le sang. Les victimes se comptent par centaines, disparues ou noyées dans la Seine. Les jours qui suivent, plus de 10 000 Algérien·nes sont raflé·es, interné·es et matraqué·es, s’en suivant tortures et exécutions.

À bas le racisme d’État !

Ce massacre d’État a été occulté et n’a jamais été officiellement reconnu par l’État français, comme tous les crimes coloniaux perpétrés durant 132 ans en Algérie. Plus largement, l’absence de condamnation claire et officielle est le reflet des politiques actuelles dans les territoires d’outre-mer et de la politique impérialiste de la France, mais aussi de son racisme d’État.

Depuis de nombreuses années, celui-ci se déploie avec une grande brutalité à travers des dispositifs et des lois racistes, en particulier islamophobes. De la loi de 2004 sur l’interdiction du port du voile à l’école à celle dite sur « le séparatisme » en 2021, ou encore les récentes lois sécuritaires et anti-immigré·es, les attaques se multiplient contre les personnes non-blanches, en particulier noires et arabes, et contre les organisations musulmanes.

À bas le colonialisme et l’impérialisme français !

L’État français maintient sa présence néocoloniale, notamment militaire, soutient des régimes corrompus partout où ses intérêts économiques et stratégiques sont en jeu, et continue de piller des ressources comme dans de nombreux pays africains.

L’État réaffirme sans cesse sa domination coloniale aux Antilles, à la Réunion ou encore à Mayotte où la répression est permanente. Cette politique à Mayotte s’illustre par les récentes déclarations gouvernementales appelant à une plus grande militarisation contre l’immigration et au déploiement de dispositifs de pressions économiques contre les Comores.

De la même manière, le peuple Kanak continue de lutter contre plus de 170 ans de colonisation de peuplement, alors même que l’accord de Bougival renforçant cette situation est largement dénoncé, en particulier par le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS). Face à cette mobilisation légitime, l’État a emprisonné et déporté des dizaines de Kanak en métropole. Alors que plusieurs dirigeant·es de la CCAT ont été relaxé·es, d’autres continuent d’être détenus en France dans des conditions particulièrement inhumaines.

La France, complice du génocide en Palestine

Depuis trois ans, Israël poursuit un génocide dans la bande de Gaza qui a déjà fait des centaines de milliers de victimes palestiniennes, des millions de déplacé·es et détruit la quasi-totalité des infrastructures de l’enclave. Parallèlement, la colonisation et le nettoyage ethnique s’intensifient dans toute la Palestine, en particulier en Cisjordanie et à Jérusalem. De la même manière, l’impérialisme états-unien et Israël poursuivent leurs agressions dans toute l’Asie occidentale, du Liban à l’Iran en passant par le Yémen. En continuant son soutien politique, économique et militaire à Israël, la France participe pleinement à cette situation.

Rendre hommage aux victimes du 17 octobre 1961, c’est honorer le peuple algérien et soutenir toutes celles et ceux qui luttent encore contre les États coloniaux, racistes et impérialistes ici comme ailleurs.

L’Algérie a vaincu, la Palestine, la Kanaky, le Sahara Occidental et tous les peuples en résistance vaincront!

JOURNÉE EN SOUTIEN AUX PRISIONNIER·ES DU CRA DE TOULOUSE

Le 29 mai à la Chapelle, Toulouse Anti CRA organise une journée en soutien aux prisonnier·es du centre de rétention de Toulouse – Pour soutenir matériellement les personnes enfermées au CRA mais aussi pour se rencontrer, faire connaitre les CRA.

Au programme :

14h : OUVERTURE – TOMBOLA LOTS EXCEPTIONNELS !!
tables de collectifs – friperie – gaufres – etc
16h : PROJECTION DOCU SUR LE HANGAR D’ARENC ET DISCUSSIONS
18h : APÉRO QUIZZ
19h : REPAS VÉGAN
20h à 22h : CONCERT MAI DE RIMAS et DJ SWELL

Participation libre (espèces uniquement) – accès PMR
La Chapelle – 36 rue Danielle Casanova – Toulouse

Avec les tables des collectifs : Nta Rajel, La Créa, Secours rouge Toulouse, Comité de soutien à la Palestine 31, CPCED, Tsedek, Survie, PMN Editions, collectif Vietnam-dioxine, AFA Tolosa, Casarp

18 mars : journée internationale de solidarité avec les prisonnier-es politiques

A Toulouse un rassemblement a été organisé par le collectif Secours Rouge Toulouse , à l’appel de 25 organisations, syndicats, collectifs et partis toulousains.

Prise de parole de Toulouse Anti CRA

La population carcérale en France n’a jamais été aussi élevée et ne cesse d’augmenter, sans que la criminalité elle n’augmente, conséquence d’un important durcissement du système pénal. 

Afin d’enfermer toujours plus et toujours plus longtemps, l’État prévoit, d’ici 2027, la création de 15 000 places de prison et de 1041 places en centre de rétention. 
À Muret près de Toulouse, un projet de construction d’une prison de 615 places est prévu pour faire de Toulouse – Seysses – Muret un des plus grands centres pénitentiaires de France.
8 nouveaux CRA vont également être construits d’ici 2029, en plus des 27 existants. 
Rappelons que les CRA sont des prisons pour les personnes étrangères. 

Rappelons également que les prisons sont des lieux de torture qui humilient, déshumanisent, détruisent et tue. 

Elles constituent l’outil central de contrôle social pour surveiller et punir les personnes racisées et issues des milieux populaires, à travers des pratiques policières et judiciaires racistes et discriminantes. 
En France, comme il n’y a pas de statistiques ethniques, on se base sur des études sociologiques qui indiquent que la grande majorité des personnes incarcérées, notamment en maison d’arrêt, sont des nationaux noires et arabes.

S’il y a besoin de le préciser, dire qu’il y a plus de personnes noires et arabes en prison n’implique pas qu’elles sont davantage criminogènes. Ces chiffres confirment simplement le système de domination et de surveillance issu des pratiques coloniales mis en place par l’État dans les quartiers populaires, ainsi que sa justice de classe et de race.
Rappelons que les personnes racisées sont contrôlées jusqu’à 20 fois plus que les personnes blanches et sont d’avantage judiciarisées, avec des sanctions plus sévères. 

Concernant les personnes étrangères, elles représentent presque un quart du total des personnes emprisonnées en France. Chaque année, la police interpelle 192 000 étrangers par contrôles au faciès. Par rapport aux personnes françaises, elles risquent 3 fois plus de passer en comparution immédiate, 5 fois plus d’être placées en détention provisoire, et 3 fois plus la prison ferme. ​​​​​​​

Nombreuses sont celles qui se retrouvent en circuit fermé entre centres de rétention et prison. Cela s’explique notamment par la criminalisation des stratégies de résistances mises en place par les détenus. Puis les liens entre les CRA et la prison se renforcent du fait de collaborations croissantes des préfectures et de l’administration pénitentiaire. 

En effet, la prison est l’occasion pour les préfectures de trier les personnes qui pourraient représenter une « menace pour l’ordre public » : motif fourre-tout et prétexte arbitraire afin de ne pas renouveler le titre de séjour d’une personne, voire de le lui retirer pour mieux l’expulser par la suite.

Les expulsions visent également et tout particulièrement les sortants de prison qui subissent ce qu’on appelle le double voire la triple peine : celle d’être enfermé en CRA après avoir été enfermé en prison et celle d’être déporté – parfois vers un pays qu’elles ne connaissent pas.

Les luttes des personnes concernées, notamment via le Comité national contre la double peine dans les années 1980-1990, avaient conduit à obtenir des protections contre les déportations. La loi asile et immigration de 2024 a marqué une importante régression en supprimant les catégories protégées pour faciliter les déportations des sortants de prison. 

Aujourd’hui, la lutte anticarcérale mobilise très peu. Il est nécessaire que cette question retrouve de l’écho afin de lutter concrètement contre les prisons, outil essentiel de l’État et de son système de domination capitaliste, patriarcal et suprématiste. La lutte anticarcérale passe par le soutien aux prisonniers et prisonnières, en mettant en lumière leurs résistances, individuelles ou collectives, trop souvent invisibilisées. 

Ni CRA NI PRISON NI EXPULSION
Solidarités avec toutes les personnes enfermées !

EXTERNALISATION DES FRONTIÈRES ET DES DÉPORTATIONS

Camp de migrants géré par l’Italie, situé dans un ancien camp militaire en Albanie

Depuis les années 2000, la France et l’UE externalisent leurs frontières dans certains pays du sud anciennement colonisés pour bloquer le départ des personnes vers l’Europe. Cette externalisation s’inscrit dans la politique impérialiste de l’UE. Des accords asymétriques sont passés sous forme de chantage, en coupant les « aides financières au développement» ou les engagements commerciaux si les pays ne coopèrent pas pour bloquer l’immigration. 

Cette «coopération » passe par le financement de formations policières, le renforcement des patrouilles aux frontières et la mise en place de camps dans ces pays. L’UE délègue ainsi la barbarie et s’en lave les mains. 

Les frontières tuent et représentent un business colossal pour les multinationales occidentales. Rappelons notamment le pouvoir grandissant donné à l’agence européenne Frontex avec un budget colossal de 5,6 milliards d’euros pour 2021‑2027. En 2024, l’agence a aidé les États membres à expulser plus de 56 000 personnes, marquant une forte augmentation par rapport à l’année précédente.
Une grande partie de ces déportations par vols charters, ont été organisées principalement à l’initiative de la France, l’Italie et l’Allemagne. 

Le pacte migratoire de l’UE et ce qu’il change 


Le Pacte migratoire européen adopté en avril 2024 est un ensemble de lois et de mesures actuellement en période de mise en œuvre par les États membres. Il rentrera en vigueur le 12 juin 2026.
Les mots d’ordre : identification, contrôle, fichage, filtrage, enfermement, expulsion.

Dissimulé derrière un charabia bureaucratique (procédure filtrage, asile territoire, asile frontière), il dévoile une novlangue cynique à base de « lieux adéquats » pour parler de lieux d’enfermement et de « mesures de solidarité active » ou « flexible » entre États pour le « parrainage d’expulsions » en cas d’arrivée massive de personnes.

Il durcit le contrôle aux frontières et complexifie les procédures de droit d’asile visant à filtrer, tracer et expulser rapidement les personnes jugées non éligibles. S’y ajoute un traitement désindividualisant des personnes, une augmentation des motifs d’enfermement et de leur durée (jusqu’à 24 mois de rétention), ainsi que des violences institutionnelles, psychiques et physiques.

Sur les délais d’enfermement, on peut également évoquer le cas des zones d’attente, lieux d’enfermements aux frontières, où les personnes pourront être enfermées jusqu’à 6 mois, contre 26 jours actuellement. Il s’agira alors d’ouvrir 615 nouvelles places contre les 300 actuelles. 

Le Pacte UE tend à généraliser le partage de données (empreintes, image faciale, identité et statut) entre États membres via des bases communes (Europol, Eurodac…) et accorde une place non négligeable à l’intelligence artificielle dans le triage des dossiers. Il permet d’élaborer un système commun de « gestion des retours » afin d’accélérer les expulsions.

L’enregistrement des données biométriques (à partir de 6 ans) va se systématiser. Le fichage s’applique à toutes les étapes du parcours, de l’accès au territoire jusqu’à la déportation. Il permet de vérifier la durée du séjour, contrôler, vérifier si les personnes peuvent constituer une «menace à l’ordre public», si elles ont une mesure d’expulsion, etc… Le profilage racial et l’IA transforment toutes les personnes, y compris les enfants, en suspects potentiels.

Le budget de la France en 2026 pour lutter contre « l’immigration illégale » est de 2,16 milliards – dont 508,5 millions d’euros sur la période 2025 – 2027 pour l’application du pacte migratoire.

La loi règlement retour adoptée le 9 mars 2026


Elle obligera les États membres à «détecter» les personnes en situation irrégulière à la manière de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, police étasunienne chargée des expulsions), en généralisant les rafles et les dispositifs de surveillance. Quelques exemples du dispositif :

-Perquisitions policières dans des domicilessans mandat judiciaire, ainsi que dans des bureaux et lieux d’hébergement d’organisations humanitaires.

-Consécration et généralisation des opérations policières massives dans l’espace public comme le déploiement de 4 000 agent·es en France en juin 2025 pour mener, à grande échelle la chasse aux sans-papiers dans les gares routières et ferroviaires, afin de les arrêter et de les placer en rétention.

-Des obligations de signalement imposées aux autorités publiques et aux services sociaux. 

-Le profilage racial et surveillance technologique :  renforcer le contrôle au faciès des personnes des personnes racisées et généraliser le fichage via des bases de données communes

-Externalisation des déportations avec les « hubs de retour » l’UE prévoit des centres de détention situés hors UE, sans précision sur la durée ni le fonctionnement, pour les déportations de demandeur·euses d’asile. Il s’agit également de renvoyer les demandeur·euses d’asile vers des pays tiers « sûrs », avec lesquels le/la demandeur·euse n’a aucun liens.

Le Parlement européen a étendu la liste des pays tiers « sûrs » le 10 février 2026 :

Kosovo, Bangladesh, Colombie, Égypte, Inde, Maroc et Tunisie. Les dossiers des ressortissant·es de ces pays pourront ainsi être examinés de façon accélérée et leur expulsion effectuée plus rapidement.

Ces pays tiers sûrs serviront également à transférer les demandeur·euses d’asile débouté·es. Cette pratique, déjà testée en Italie avec l’Albanie, pourrait désormais se généraliser à tous les États membres. 

En effet, le 6 novembre 2023, l’Italie a conclu un « accord » avec l’Albanie en vue de délocaliser le traitement de la demande d’asile de certain·e·s ressortissant·es étranger·ères de l’autre côté de ses frontières – en échange de compensation financière et de l’intégration de l’Albanie dans l’UE. Il existe actuellement deux camps, à Shëngjin et Gjader. 

Évoquons dans la même logique, l’accord conclu entre le Kosovo et le Danemark en mai 2022, mêlant enfermement judiciaire et administratif. Accord qui prévoit d’ici à 2027 la location de 300 places de prison au Kosovo pour des détenu·es étranger·es condamné·es au Danemark et devant être expulsé·es après avoir purgé leur peine

Les prisonniers du centre de rétention de Toulouse transmette leur vidéo et appellent à la solidarité

Ils ont réussi à envoyer cette vidéo bien que les téléphones avec caméra soient interdits.
Ils demandent que leurs revendications et leurs résistances soient diffusées et partagées.
Soutenons-les ! Soutenons leur résistance qui crée des solidarités face à l’isolement et la déshumanisation des CRA qui est quotidienne dans ces prisons où les personnes sont humiliées, maltraitées et subissent les violences policières.

En France, on dénonce la violence de l’ICE, la milice de Trump, et ses camps pour étrangers. Mais ici aussi, on traque les personnes étrangères : la police interpelle 192 000 étrangers par an avec des contrôles au faciès. Et entre 40 000 et 50 000 personnes étrangères sont enfermées chaque année par l’État français dans les 27 CRA du territoire où règnent l’arbitraire policier et des conditions de détention indignes.

Force et soutien à toutes les personnes enfermées au CRA de Toulouse et ailleurs !
Ni CRA, ni prison, ni expulsions
A bas le racisme d’État et l’impérialisme 🔥

3000 places d’enfermement en 2027 ?

Actualité des projets de construction et des luttes contre les CRA

En 2023, après 40 ans de durcissement de lois anti-immigration et de politiques racistes, l’État français, a annoncé un grand plan d’augmentation des capacités de rétention administrative, afin d’atteindre 3000 places en 2027 en Centres de Rétention Administrative (CRA) et Locaux de Rétention Administrative (LRA).

Deux ans après ces annonces, où en sont les constructions et les luttes qui sont nées dans les villes concernées ?

Texte écrit conjointement par différents collectifs qui luttent contre les CRA/ LRA et le racisme d’État.

Télécharger la brochure

Un prisonnier du centre de rétention de Toulouse a avalé des piles pour résister à sa déportation vers la Tunisie

Au lieu de le transférer à l’hôpital pour être soigné, il a été enfermé dans une cellule de l'infirmerie, à la merci des policiers qui l'ont frappé et insulté. 
Le médecin l'a vu 24h plus tard, lui a donnée des comprimés. Il a été remis dans sa cellule, il a actuellement encore les piles dans l'estomac.

Son témoignage
« Ils m’ont mis dans une cellule, je suis tout seul depuis hier. Ils m’ont dit « t’es un chien, tu restes comme ça sans rien, sans télé, ni chaussettes, ni claquette ». Le policier m’a frappé avec son pied, j’étais par terre parce que j’ai mal au ventre, il m’a dit « lève toi, arrête ton cinéma ». Ils m’ont pas ramené de couverture, j’ai très froid. Ils ont mis le plateau du repas derrière la porte. Je mange pas. Je vais mourir c’est mieux.

C’est pas une vie. Même la Cimade vient pas. La Cimade c’est pour la forme. Avec qui je dois parler ? L’infirmier il est comme le policier. C’est comme la garde à vue. Il m’a donné un gobelet pour faire pipi. Depuis qu’il m’a donné le médicament, j’ai mal au ventre, j’ai mal au pied, j’arrive pas à bouger. C’est pas normal, je suis pas un chien moi ! Ici y’a personne pour nous défendre, j’ai toujours pas vu le médecin, j’ai des piles dans le ventre, de l’acide ! J’ai un fil dans mon pantalon, je vais faire quelque chose pour mourir.

Avec le fil de mon pantalon, toute la nuit je me disais « maintenant… maintenant…maintenant » [pour mourir]. Je vois rien, je suis comme un chien. Je veux pas retourner au bled, je préfère être mort plutôt que de retourner au bled. Je vais reprendre des piles. Il n’y a pas de médecin, que des infirmiers. Je bois pas le verre qu’ils me donnent, j’ai pas confiance. C’est la police, c’est pas des médecins. Ils m’ont même pas donné mon téléphone, ils avaient peur que je le mange.
Si je retourne au bled et que je peux plus envoyer de l’argent à ma mère, on meure tous les deux. »

Après la visite du médecin qui l’a autorisé à retourner dans son secteur, il a demandé à la police de le sortir de l’isolement qui l’a insulté en retour: « ​​​​​​​La police il m’a dit « nique ta mère » c’est normal ça ? Qu’est-ce que j’ai fait moi ? »

Mise à jour le 28 janvier 2026

Samedi 24 janvier, les co-détenus de K. très inquiets de son état de santé, ont appelé les pompiers pour lui venir en aide car il avait de fortes douleurs au ventre et ne se nourrissait plus. La PAF a refusé que les pompiers interviennent leur indiquant que K. était sous surveillance et qu'il n'y avait pas d'urgence.

Après une mobilisation (1), l'administration du CRA a décidé de l'emmener à l'hôpital de Purpan faire une radio mardi 27. Le personnel de santé lui a fait une radio et rien d'autre, le médecin lui a dit : "je connais la prison, je travaille avec, tu fais du cinéma". "Les policiers étaient tout le temps là. Ils rigolaient" témoigne K.
Aucune explication de la part des médecins ne lui a été donné et K. a été ramené au CRA, toujours avec les piles dans le ventre. Il n'a pas eu accès à son dossier médical avec le résultat de la radio.
Le médecin du CRA a indiqué qu'il repassera une radio la semaine prochaine et lui a donné un médicament.

(1) https://www.mediacites.fr/breve/toulouse/2026/01/26/en-retention-pres-de-toulouse-il-choisit-davaler-des-piles-plutot-que-lexpulsion/
Mise à jour le 01 février 2026

K. est passé devant le Juge des libertés et de la détention (JLD) pour l'enfermement des 60 jours. L'audience a eu lieu dimanche 1 février. La juge a décidé de la libération de K. mais avec une assignation à résidence (AAR) de 45 jours avec signature au commissariat du lundi au vendredi (en attendant son expulsion)*.

Comme c'est souvent le cas, les personnes subissent une autre forme d'enfermement : l'AAR qui permet de les déporter à tout moment. La libération du CRA ne signifie pas que les mesures d'expulsion OQTF, IRTF, etc sont levées. Elles dépendent d'une autre juridiction, les recours se font au tribunal administratif ou au tribunal judiciaire pour les ITF (interdiction de territoire français)

Les mesures d'expulsion sont difficiles à lever (voir notre https://toulouseanticra.org/wp-content/uploads/2026/01/brochure-enfermement-au-cra-A5.pdf).

K. a toujours une OQTF (obligation de quitter le territoire) et une IRTF (interdiction de retour sur le territoire français) de 2 ans. Il risque donc à tout moment de se retrouver à nouveau enfermé en CRA puis déporter.

K. est sorti du CRA grâce à sa résistance au point de mettre sa santé et sa vie en danger. Sa résistance a été soutenue à l'intérieur et à l'extérieur et a poussé le préfet à annuler le vol prévu le 27 janvier.
K. a ainsi pu passer devant le JLD le 1 février.

A sa sortie du CRA, K., qui n'a pas de famille dans la région, s'est retrouvé sans argent, sans téléphone, dans la périphérie isolée où se situe le centre, toujours une pile dans le ventre : un clair prolongement de la maltraitance qu'il a subi, et que tous les détenus subissent, à l'intérieur.

Force à lui pour la suite !

* "...que la présente assignation à résidence est établie à son encontre le temps nécessaire à l'organisation de son voyage de retour vers son pays d'origine ou vers tout pays dans lequel il est légalement admissible et qu'il peut à tout moment être convoqué pour son départ dont le lieu et l'heure lui seront communiqués au moins un jour à l'avance..."

DES PRISONNIERS DU CENTRE DE RÉTENTION DE TOULOUSE EN GRÈVE DE LA FAIM

Les prisonniers du CRA de Toulouse, en grève de la faim, nous ont contacté pour témoigner de leur condition d'enfermement et de leur lutte. La question des repas est récurrente dans tous les CRA, les personnes sont affamées. Cette maltraitance fait partie d'un système de torture avec de nombreuses violences exercées par l’administration et la police aux frontières à l’encontre des personnes étrangères. 

« On est dans le centre de rétention administratif de Toulouse. On fait grève de la faim dans le secteur B et C, pour la liberté et à cause des repas. On mange un repas par jour, on mange un bout de pain et une compote, les plats puent, c’est immangeable. Un humain peut pas manger ça. On a dit aux policiers on mange pas jusqu’à qu’ils trouvent une solution.

On n’a pas de droit, ya pas de loi pour nous. On a besoin de la voix, personne nous entend, personne n’est avec nous. Quand tu parles avec la police, ils disent « si vous mangez pas, mon chien il aime bien ça », ils nous prennent pour des chiens. Ils disent vous pouvez rester 15 jours sans manger, ça changera rien.

Le secteur C refuse les repas aussi, on a vu les flics en train de frapper quelqu’un, ils l’ont emmené au mitard.

On est arrivé à bout, c’est une maltraitance, ils nous travaillent sur la tête, c’est une politique. On arrive pas à manger, à penser bien, on n’a pas de téléphone, ça nous fait sortir de la société. Les policiers ont dit d’aller parler à la Cimade, c’est férié y’a personne et nous on galère ici. J’essaie de contrôler les nerfs, y’a des gens ici qui prennent des trucs, ils sont nerveux. On n’est pas des criminels. On est là pour des problèmes administratifs. 

Moi ça fait 8 ans que je vais à la préfecture pour déposer mon dossier. C’est la France qui nous laisse pas régulariser nos papiers. J’ai des fiches de paie, des diplômes, je paye des impôts, j’ai travaillé partout.

Et ici ils te parlent comme à une merde. On patiente, on patiente après c’est la limite. Les policiers nous ont ramené des policiers arabes pour parler avec nous, pour nous consoler. Ils nous disent « mangez du pain ». Soit vous êtes avec nous soit non, comment tu dis mange du pain ? Ils ont dit « oui c’est vrai, personne peut manger ça, la situation ici est difficile ». Mêmes les prisonniers qui viennent de sortir de prison, ils disent je préfère rester 3 mois en prison qu’ici. ça veut dire qu’on est pire que des criminels, les blédards sans papiers. 

On a un problème avec la graille ça sert à rien de casser les trucs, si on casse la télé, on sera sans rien après. On va se parler entre nous, on va être solidaires. Les fics nous menacent, ils ont dit si vous faites du bordel, ça va se passer mal. Ils vont faire quoi ? ils vont nous tuer ? Y’a pas besoin de nous menacer. Déjà vous m’avez éloigné de ma femme et mon fils, vas-y mets moi une balle dans la tête, dis moi on tue les arabes et ça y est. La peur je la connais pas, j’ai traversé la mer, et la plupart on est comme ça ici, c’est pas la peine de nous menacer, on connait pas la peur. »

Les CRA tuent à l’abri des regards. Soutien à tous les prisonniers !
Ni CRA ni prison ni expulsion !

MOBILISATION POUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES MIGRANT-ES


📢🔥 JEUDI 18 DÉCEMBRE – TOULOUSE
À l’appel de la Marche des Solidarités, des collectifs, associations, partis politiques et syndicats appellent à la mobilisation, à la grève et à une marche antiraciste
Contre le racisme d’État et l’impérialisme, solidarité avec toustes les immigré.es

NI CRA NI PRISON NI EXPULSION

14h – Projection & discussion « Les petites mains invisibles »
📍La chapelle – 36 rue Danielle Casanova

16h – AG antiraciste
📍La chapelle – 36 rue Danielle Casanova

18h30 – MANIFESTATION 📢
📍RDV Conseil départemental de la Haute-Garonne – 1 bd de la Marquette